L’historien Michel Vergé-Franceschi écrit dans Les Officiers généraux de la Marine royale, 1715-1774 (1990) « Depuis le début du XVe siècle les Blancafort ont repris le nom et les armes des Roquefeuil et ils se sont divisés en deux branches. Au XVIIe siècle, la branche aînée est tombée en quenouille et n’est plus représentée que par Marie-Gilberte de Roquefeuil, morte en 1699. La branche cadette, elle, s’est éteinte en ligne légitime dans les années 1520, mais la descendance de Guillaume, bâtard de Roquefeuil (seigneur de la Salle-Padiès, du Theil, de la Boissière au Theil, de Pinet, de Millars) est fort nombreuse ».
En fait, si, Guillaume de Roquefeuil, fils de Jean et de Blanche de Capluc, eut bien un fils naturel, nommé également Guillaume, dont la descendance existe toujours, et porte le nom de Roquefeuil, sans, particule, il eut également un fils aîné Pierre, dont descendent les branches de Padiès puis du Bousquet et de Montpeyroux, d’Amber et de Bars. La branche de Cahuzac, de Tristan, frère cadet de Jean.
Pierre, ayant hérité des biens de son père, sans protestation des enfants de Tristan, ne pouvait être un enfant naturel.
Cependant, au dix-huitième siècle un descendant de Tristan, Guillaume de Roquefeuil, ayant eu connaissance de l’enfant naturel, Guillaume, prè-cité, prétendit que le lieutenant-général des armées navales Aymar Joseph de Roquefeuil, futur vice-amiral de France, en descendait
Chérin, interrogé successivement par les ministres Sartine et Amelot, rédigea un mémoire qui résumait la généalogie des diverses maisons de Roquefeuil. Dans ce mémoire il affirmait la légitimité de l’amiral ainsi d’ailleurs que celle de son cousin Raymond [1].
Le litige fut porté devant le Châtelet de Paris qui, le 7 novembre 1781, donna raison à l’amiral et interdit à Raymond de maintenir ses accusations [2]. Raymond publia deux factums et fit appel. Le vice-amiral étant mort, son fils Innocent-Adrien, publia également un factum et le Parlement de Paris condamna Raymond, le 1er août 1782 [3]. Raymond tenta de faire casser l’arrêt du Parlement par le Conseil d’Etat Privé mais son pourvoi fut rejeté et il fut condamné à payer une amende le 10 janvier 1785 [4].
[1] Chérin 178.
[2] AN, Y 1712.
[3] https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6552801k/f71.item.r=ROQUEFEUIL
[4] AN, V6 1122.

