Étiquette : Princesse Bathilde d’Orléans

  • 1757-1785- Biographie d’Alexandre-Amable de Roquefeuil, lieutenant de vaisseau

    6 et 7 octobre 1779, la frégate La Surveillante (26 canons), commandée par le lieutenant de vaisseau du Couëdic de Kergoaler, et l'aviso (mâté en cutter) L'Expédition (10 canons -au second plan à droite du tableau), commandé par Alexandre-Amable de Roquefeuil affrontent la frégate HMS Quebec et sa conserve l'aviso HMS Rambler qui exploseront et sombreront à l'issue du combat.
    6 octobre 1779, la frégate La Surveillante (26 canons), commandée par le lieutenant de vaisseau du Couëdic de Kergoaler, et l’aviso L’Expédition (10 canons -au second plan à droite du tableau), commandé par Alexandre-Amable de Roquefeuil affrontent la frégate HMS Quebec et sa conserve l’aviso HMS Rambler qui exploseront et sombreront à l’issue du combat.

     

    Alexandre-Amable de Roquefeuil, né le  à Versailles et mort noyé le en rade de Dunkerque est un officier de marine français. Lieutenant de vaisseau de la Marine royale, il s’illustre pendant les combats navals  de la Belle Poule () puis de la Surveillante ().

    Alexandre-Amable de Roquefeuil est le fils de René-Aymar de Roquefeuil, chef d’escadre, chevalier de l’ordre de Saint-Louis et de Françoise de Rémy de Broves [2].

    Carrière dans la Marine royale

    Combat de la Belle Poule
    Combat naval de La Belle Poule
    Combat naval de La Belle Poule

    Il entre tôt dans la Marine royale et prend part aux combats avant même d’avoir atteint l’âge de 21 ans.

    Le , Alexandre se distingue lors du combat de la Belle Poule[4]. Ce jour là, le commandant de La Clocheterie qui commandait la frégate La Belle Poule dans une division de quatre vaisseaux français, engage le combat avec la frégate britannique HMS Arethusa de 32 canons arrivée en avant de la puissante flotte anglaise de la Manche qui était sous le commandement de l’amiral Keppel.

    La division française est alors composée de la frégate La Belle Poule (26 canons), de la frégate Licorne (26 canons),  de la corvette L’Hirondelle (16 canons de 6 livres) et du lougre Le Coureur (8 canons) [5].

    Durant les cinq heures de ce combat, 30 français sont tués et une centaine blessés, mais L’Arethusa perd un mât et doit s’échapper sous la protection du reste de la flotte britannique.

    Cette bataille est la première entre les forces françaises et britanniques lors de la guerre d’indépendance des États-Unis [6]. Son retentissement à Versailles et à Paris est extraordinaire et ce combat est célébré comme une victoire éclatante. Il inspirera la mode et les femmes de la haute société porteront un temps une coiffure en forme de bateau, dite « à la Belle Poule » [7]. Pour son action et sa bravoure lors de ce combat, Alexandre-Amable est fait chevalier de Saint-Louis [4] à l’âge de 21 ans ce qui était exceptionnel.

    Combat de la Surveillante

    Le , la frégate La Surveillante (26 canons), commandée par le lieutenant de vaisseau du Couëdic de Kergoaler, et l’aviso (mâté en Côtre ou « cutter »: petit bâtiment de guerre de forme effilée, léger et rapide, à un mât vertical dont la voile a une superficie importante. ) L’Expédition (10 canons), commandé par Alexandre-Amable, croisent au large d’Ouessant. Le , dans la soirée, ils aperçoivent deux navires britanniques : la frégate HMS Quebec et son aviso (lui aussi mâté en côtre ou « cutter ») Le HMS Rambler. Les deux formations de force identique engagent immédiatement le combat[8].

    Ce combat, extrêmement violent, dure près de trois heures et demie, causant des dégâts et des pertes considérables aux deux parties. Cet affrontement ne prend fin que lorsque le HMS Québec prend feu puis explose à côté de La Surveillante, elle-même entièrement démâtée. Le chevalier de Roquefeuil a rendu compte qu’il a engagé le combat avec le cutter anglais, dans lequel il a eu trente hommes tués ou blessés. Aussitôt qu’il a vu la frégate HMS Quebec exploser, il a fait cesser le feu, en accord avec le commandant du Rambler qui était à portée de voix, pour porter secours aux naufragés. Dans l’obscurité de la nuit, il parvient à en sauver huit, dont sir Roberts, premier lieutenant de la frégate adverse[8]. L’aviso HMS Rambler qui avait été gravement endommagé par son combat avec L’Expédition finit par sombrer à l’aube. Ce qui reste de l’équipage trouve également refuge sur L’Expédition.

    Le lendemain, Alexandre-Amable remorque la Surveillante, qui était trop endommagée pour être manœuvrée, jusqu’à Brest. Une fois sur le sol de France, les Anglais ne sont pas considérés comme prisonniers de guerre. Ils sont, au contraire, renvoyés en Angleterre après avoir été soignés (sir Roberts séjournera chez Alexandre). Le Roi Louis XVI mande Alexandre-Amable de Roquefeuil à Versailles pour l’informer en détail des circonstances de cette bataille et de la mort héroïque du commandant du Couëdic de Kergoaler. Le roi récompense lui-même les nombreux marins rescapés[8].

    Six ans plus tard, le lors qu’il rejoignait son bord ancré en rade de Dunkerque, en chaloupe et par grosse mer, Alexandre-Amable, alors lieutenant de vaisseau, destiné au plus brillant avenir dans la Marine royale, chavire et meurt noyé  à l’âge de 28 ans.

    Outre sa grande bravoure distinguée au combat, il est connu pour sa  liaison passionnée commencée en 1776 avec la princesse Bathilde d’Orléans, duchesse de Bourbon dont son père, René-Aymar, avait été  nommé chevalier d’honneur et écuyer. Il est le père de la fille illégitime de la princesse, Adélaïde-Victoire, qui reste cachée près de sa mère. Adélaïde-Victoire (déclarée à sa naissance sous le nom d’Adélaïde-Victoire Damassy) se mariera, aura une descendance notamment dans les familles Gros et Doynel de La Sausserie et sera une des ancêtres de l’aviateur Georges Guynemer, héros des combats aériens de la Première Guerre mondiale[3].

     

    Références

    1. Michel Vergé-Franceschi, Les Officiers généraux de la Marine royale, 1715-1774 : origines, condition, services, tome , FeniXX, 1990, page 457. [archive]
    2. Henri Jougla de Morenas, Grand armorial de France,  (lire en ligne [archive])p. 58
    3. Emmanuel Maury, Le dernier des Condé, Tallandier, 384 p. (ISBN 979-10-210-2763-3lire en ligne [archive]).
    4. Biographie universelle, ancienne et moderne, Michaud frères,  (lire en ligne [archive]). (https://books.google.fr/books?id=MoxUAAAAYAAJ&printsec=frontcover&vq=roquefeuil&hl=fr )
    5. Michel Vergé-Franceschi (sous la direction de), Dictionnaire d’Histoire maritime, Bouquins, Robert Laffont, , « Belle Poule », t. 1, p. 195.
    6. (en) « The French Navy and the American War of Independence [archive] »,  (consulté le ).
    7. (en) « Hair and Hairdos of the 18th Century [archive] »,  (consulté le ).
    8. Arnaud Louis Charles Rose de Lostanges, Relation du combat de la frégate française la Surveillante, contre la frégate anglaise le Québec, Chez Firmin Didot, Imprimeur du Roi,  (lire en ligne [archive]).
  • 1718 – 1780 – René-Aymar de Roquefeuil, vicomte de Montpeyroux, chef d’escadre des armées navales.

     

    René-Aymar de Roquefeuil du Bousquet, vicomte de Montpeyroux,

    chef d’escadre des armées navales (1718-1780).

     

    René-Aymar de Roquefeuil est le second fils du Lieutenant général des armées navales Jacques Aymar de Roquefeuil (branche du Bousquet) (1665-1744) et de Jeanne Louise du Main d’Augerets. Son frère aîné est Aymar Joseph de Roquefeuil (branche du Bousquet) (1714-1782) qui s’illustrera également dans la Marine du Roi. Il fut vice-amiral de la flotte du Levant.

    Carrière dans la Marine royale

    René-Aymar de Roquefeuil entre jeune dans la Marine du Roi. Il intègre une compagnie de Garde de la marine en 1733 au département de Brest, au début de la guerre de Succession de Pologne. Il est nommé enseigne de vaisseau en 1738.

    Il embarque le  sur la flûte de 50 canons L’Atlas, chargée de transporter des troupes de la Marine en Louisiane. Lors du voyage de retour, il survit au naufrage de son bâtiment sur l’île d’Ouessant dans la nuit du 1er au . Il prend ensuite le commandement de la corvette de 12 canons La Perle du  au . Il est promu Lieutenant de vaisseau le .

    Il commande successivement La Palme en 1746, puis la frégate de 32 canons La Sirène du  au , et la frégate de 26 canons Le Castor, du  au .

    Bataille du Cap Finisterre

    Le  dans le cadre de la guerre de Succession d’Autriche, une escadre française commandée par le marquis de l’Estenduère s’oppose à un flotte britannique dirigée par l’amiral Edward Hawke. Les Français escortent un important convoi de 252 navires marchands à destination des Antilles lorsqu’ils sont interceptés au large du cap Finisterre. En infériorité numérique, avec seulement 8 vaisseaux de ligne contre 14 côté britannique, l’escorte française tente de protéger le convoi en se plaçant en ligne de bataille. La manœuvre anglaise, permet de concentrer la puissance les navires français, entraînant une violente bataille de sept heures. Six navires français sont capturés, dont Le Fougueux à bord duquel était René-Amyar. Si le convoi marchand est en grande partie sauvé, la défaite reste sévère pour la marine française, tant sur le plan matériel que stratégique. Cette victoire britannique renforce la domination navale anglaise, contribue à asphyxier le commerce colonial français et précipite les négociations de paix qui aboutiront au traité d’Aix-la-Chapelle en 1748.

    Travaux à la Cour de Versailles

    En 1752, il est nommé chevalier de Saint-Louis et l’un des premiers membres ordinaires de l’Académie de marine qui venait de se créer. L’année suivante, en 1753, il participe à ses travaux en rédigeant une trentaine de mots du dictionnaire de la marine. Lors de sa refondation en Académie Royale en 1769, il est confirmé dans sa qualité de membre ordinaire avant d’être promu membre honoraire le .

    De 1754 à 1764, il est le gouverneur du prince de Lamballe à Versailles, fils du duc de Penthièvreamiral de France . Il eut fort à faire car le prince de Lamballe mena très tôt une vie dissolue sans que René-Aymar ne puisse l’en corriger.  En 1755, le duc de Penthièvre soutient René-Aymar en sollicitant auprès du roi Louis XV sa promotion au grade de capitaine de vaisseau qu’il reçoit le :

    « Monsieur le duc de Penthièvre demande que le chevalier de Roquefeuil, gouverneur de Monsieur le prince de Lamballe soit promu au grade de capitaine de vaisseau. Le chevalier de Roquefeuil est un fils cadet de feu Monsieur de Roquefeuil, lieutenant général des armées navales de ce nom. Il sert depuis 22 ans, il a fait 15 campagnes, a fait naufrage sur l’Atlas en 1739, a été fait prisonnier sur le Fougueux au combat de Monsieur de l’Estenduère en 1747. Il a eu de plus 3 commandements. Ses services et ceux de ses pères, les espérances qu’il donne pour l’avenir et l’éducation de Monsieur le prince de Lamballe dont il est chargé peuvent engager Sa Majesté à lui accorder le grade de capitaine de Vaisseau avant son rang. »

    Le , il reçoit le commandement de la compagnie des gardes du Pavillon Amiral à Brest qui avait pour but de regrouper l’élite des gardes de la marine. Il en conserve le commandement jusqu’à sa mort et y accueillera son neveu Innocent-Adrien-Maurice en 1764 et ses fils Alexandre-Amable en 1770 et Jacques-Aymar 1776. Ce commandement lui est conféré directement du Roi à la suite de la sollicitation du duc de Choiseul et de son protecteur le Duc de Penthièvre.

    Le prince de Lamballe mourut d’une maladie vénérienne le , à l’âge de vingt ans, sans descendance aucune.

    Retour dans la marine

    Il reprend la mer en 1761 et assure du  au  le commandement du vaisseau de 64 canons le Saint Michel. Entre le  et le , il navigue sur la frégate de 36 canons la Terpsichore du puis à nouveau sur le Saint-Michel du  au .

    Promu brigadier des armées navales en 1765, il est chargé en 1769 du transport de troupes aux colonies à la tête des vaisseaux Le Solitaire, L’Hippopotame et La Blanche. En 1771, il commande par intérim de son frère Aymar Joseph la Marine et le port de Brest du  au  et est fait chef d’escadre des armées navales le .

    Le , il obtient le commandement de la division vice-amirale à Brest puis est nommé chevalier d’honneur et écuyer de S.A.S la princesse Bathilde d’Orléans. René-Aymar de Roquefeuil meurt à Brest en 1780 à l’âge de soixante deux ans.

    Mariage et descendance

    De son mariage avec Marie-Françoise de Remy de Bauve, il a cinq enfants :

    1. Marie-Josèphe qui épousa Charles de Gestas, marquis de Lespéroux ;
    2. Alexandre-Amable de Roquefeuil, dit « le chevalier de Roquefeuil », jeune lieutenant de vaisseau de la Marine Royale (né en 1757) qui connut une courte notoriété à deux titres. Il fut, à 23 ans, le commandant de l’aviso L’Expédition, bâtiment d’escorte de la frégate La Surveillante commandée par M. du Couëdic de Kergoaler lors du combat victorieux livré le 6 octobre 1779 contre le HMS Quebec. Il fut également l’amant de la princesse Bathilde d’Orléans, duchesse d’Enghien, duchesse de Bourbon et en eut une fille.
    3. Marie-Renée, chanoinesse, qui passe au Portugal lors de la Révolution, accompagne au Brésil la famille royale du Portugal et meurt à Rio de Janeiro ;
    4. Jacques-Aymar, lieutenant de vaisseau en 1787, qui sert sous l’amiral comte de Grasse lors de la campagne d’Amérique, émigré au Portugal puis au Brésil;
    5. Jeanne-Louise, sœur jumelle de Jacques-Aymar qui épouse le comte d’Aché, enseigne de vaisseau, exécuté en Normandie pendant la Révolution.

    Notes et références

    1. Michel Vergé-Franceschi, Les Officiers généraux de la Marine royale, 1715-1774 : origines, condition, services, tome , FeniXX, 1990, page 457. [archive]
    2.  Henri Jougla de Morenas, Grand armorial de France (lire en ligne [archive])p. 58
    3. La Chenaye-Desbois et Badier, Dictionnaire de la noblesse, Schlesinger frères, 1872, pages 625-626. [archive]
    4. Hubert Granier, Marins de France au combat, t. 3, France-Empire,  (ISBN 978-2-402-24912-6lire en ligne [archive])
    5.  Michel Vergé-Franceschi, Les Officiers généraux de la Marine royale (1715-1774), FeniXX,  (ISBN 978-2-402-49918-7lire en ligne [archive])
    6. Biographie universelle, ancienne et moderne, Michaud frères,  (lire en ligne [archive])