1718 – 1780 – René-Aymar de Roquefeuil, vicomte de Montpeyroux, chef d’escadre des armées navales.

 

René-Aymar de Roquefeuil du Bousquet, vicomte de Montpeyroux,

chef d’escadre des armées navales (1718-1780).

 

René-Aymar de Roquefeuil est le second fils du Lieutenant général des armées navales Jacques Aymar de Roquefeuil (branche du Bousquet) (1665-1744) et de Jeanne Louise du Main d’Augerets. Son frère aîné est Aymar Joseph de Roquefeuil (branche du Bousquet) (1714-1782) qui s’illustrera également dans la Marine du Roi. Il fut vice-amiral de la flotte du Levant.

Carrière dans la Marine royale

René-Aymar de Roquefeuil entre jeune dans la Marine du Roi. Il intègre une compagnie de Garde de la marine en 1733 au département de Brest, au début de la guerre de Succession de Pologne. Il est nommé enseigne de vaisseau en 1738.

Il embarque le  sur la flûte de 50 canons L’Atlas, chargée de transporter des troupes de la Marine en Louisiane. Lors du voyage de retour, il survit au naufrage de son bâtiment sur l’île d’Ouessant dans la nuit du 1er au . Il prend ensuite le commandement de la corvette de 12 canons La Perle du  au . Il est promu Lieutenant de vaisseau le .

Il commande successivement La Palme en 1746, puis la frégate de 32 canons La Sirène du  au , et la frégate de 26 canons Le Castor, du  au .

Bataille du Cap Finisterre

Le  dans le cadre de la guerre de Succession d’Autriche, une escadre française commandée par le marquis de l’Estenduère s’oppose à un flotte britannique dirigée par l’amiral Edward Hawke. Les Français escortent un important convoi de 252 navires marchands à destination des Antilles lorsqu’ils sont interceptés au large du cap Finisterre. En infériorité numérique, avec seulement 8 vaisseaux de ligne contre 14 côté britannique, l’escorte française tente de protéger le convoi en se plaçant en ligne de bataille. La manœuvre anglaise, permet de concentrer la puissance les navires français, entraînant une violente bataille de sept heures. Six navires français sont capturés, dont Le Fougueux à bord duquel était René-Amyar. Si le convoi marchand est en grande partie sauvé, la défaite reste sévère pour la marine française, tant sur le plan matériel que stratégique. Cette victoire britannique renforce la domination navale anglaise, contribue à asphyxier le commerce colonial français et précipite les négociations de paix qui aboutiront au traité d’Aix-la-Chapelle en 1748.

Travaux à la Cour de Versailles

En 1752, il est nommé chevalier de Saint-Louis et l’un des premiers membres ordinaires de l’Académie de marine qui venait de se créer. L’année suivante, en 1753, il participe à ses travaux en rédigeant une trentaine de mots du dictionnaire de la marine. Lors de sa refondation en Académie Royale en 1769, il est confirmé dans sa qualité de membre ordinaire avant d’être promu membre honoraire le .

De 1754 à 1764, il est le gouverneur du prince de Lamballe à Versailles, fils du duc de Penthièvreamiral de France . Il eut fort à faire car le prince de Lamballe mena très tôt une vie dissolue sans que René-Aymar ne puisse l’en corriger.  En 1755, le duc de Penthièvre soutient René-Aymar en sollicitant auprès du roi Louis XV sa promotion au grade de capitaine de vaisseau qu’il reçoit le :

« Monsieur le duc de Penthièvre demande que le chevalier de Roquefeuil, gouverneur de Monsieur le prince de Lamballe soit promu au grade de capitaine de vaisseau. Le chevalier de Roquefeuil est un fils cadet de feu Monsieur de Roquefeuil, lieutenant général des armées navales de ce nom. Il sert depuis 22 ans, il a fait 15 campagnes, a fait naufrage sur l’Atlas en 1739, a été fait prisonnier sur le Fougueux au combat de Monsieur de l’Estenduère en 1747. Il a eu de plus 3 commandements. Ses services et ceux de ses pères, les espérances qu’il donne pour l’avenir et l’éducation de Monsieur le prince de Lamballe dont il est chargé peuvent engager Sa Majesté à lui accorder le grade de capitaine de Vaisseau avant son rang. »

Le , il reçoit le commandement de la compagnie des gardes du Pavillon Amiral à Brest qui avait pour but de regrouper l’élite des gardes de la marine. Il en conserve le commandement jusqu’à sa mort et y accueillera son neveu Innocent-Adrien-Maurice en 1764 et ses fils Alexandre-Amable en 1770 et Jacques-Aymar 1776. Ce commandement lui est conféré directement du Roi à la suite de la sollicitation du duc de Choiseul et de son protecteur le Duc de Penthièvre.

Le prince de Lamballe mourut d’une maladie vénérienne le , à l’âge de vingt ans, sans descendance aucune.

Retour dans la marine

Il reprend la mer en 1761 et assure du  au  le commandement du vaisseau de 64 canons le Saint Michel. Entre le  et le , il navigue sur la frégate de 36 canons la Terpsichore du puis à nouveau sur le Saint-Michel du  au .

Promu brigadier des armées navales en 1765, il est chargé en 1769 du transport de troupes aux colonies à la tête des vaisseaux Le Solitaire, L’Hippopotame et La Blanche. En 1771, il commande par intérim de son frère Aymar Joseph la Marine et le port de Brest du  au  et est fait chef d’escadre des armées navales le .

Le , il obtient le commandement de la division vice-amirale à Brest puis est nommé chevalier d’honneur et écuyer de S.A.S la princesse Bathilde d’Orléans. René-Aymar de Roquefeuil meurt à Brest en 1780 à l’âge de soixante deux ans.

Mariage et descendance

De son mariage avec Marie-Françoise de Remy de Bauve, il a cinq enfants :

  1. Marie-Josèphe qui épousa Charles de Gestas, marquis de Lespéroux ;
  2. Alexandre-Amable de Roquefeuil, dit « le chevalier de Roquefeuil », jeune lieutenant de vaisseau de la Marine Royale (né en 1757) qui connut une courte notoriété à deux titres. Il fut, à 23 ans, le commandant de l’aviso L’Expédition, bâtiment d’escorte de la frégate La Surveillante commandée par M. du Couëdic de Kergoaler lors du combat victorieux livré le 6 octobre 1779 contre le HMS Quebec. Il fut également l’amant de la princesse Bathilde d’Orléans, duchesse d’Enghien, duchesse de Bourbon et en eut une fille.
  3. Marie-Renée, chanoinesse, qui passe au Portugal lors de la Révolution, accompagne au Brésil la famille royale du Portugal et meurt à Rio de Janeiro ;
  4. Jacques-Aymar, lieutenant de vaisseau en 1787, qui sert sous l’amiral comte de Grasse lors de la campagne d’Amérique, émigré au Portugal puis au Brésil;
  5. Jeanne-Louise, sœur jumelle de Jacques-Aymar qui épouse le comte d’Aché, enseigne de vaisseau, exécuté en Normandie pendant la Révolution.

Notes et références

  1. Michel Vergé-Franceschi, Les Officiers généraux de la Marine royale, 1715-1774 : origines, condition, services, tome , FeniXX, 1990, page 457. [archive]
  2.  Henri Jougla de Morenas, Grand armorial de France (lire en ligne [archive])p. 58
  3. La Chenaye-Desbois et Badier, Dictionnaire de la noblesse, Schlesinger frères, 1872, pages 625-626. [archive]
  4. Hubert Granier, Marins de France au combat, t. 3, France-Empire,  (ISBN 978-2-402-24912-6lire en ligne [archive])
  5.  Michel Vergé-Franceschi, Les Officiers généraux de la Marine royale (1715-1774), FeniXX,  (ISBN 978-2-402-49918-7lire en ligne [archive])
  6. Biographie universelle, ancienne et moderne, Michaud frères,  (lire en ligne [archive])

Commentaires

Une réponse à « 1718 – 1780 – René-Aymar de Roquefeuil, vicomte de Montpeyroux, chef d’escadre des armées navales. »