Étiquette : Georges Guynemer

  • 1757-1785- Biographie d’Alexandre-Amable vicomte de Roquefeuil, lieutenant de vaisseau

    Alexandre-Amable vicomte de Roquefeuil, né le  à Versailles et mort noyé le en rade de Dunkerque est un officier de marine français. Lieutenant de vaisseau de la Marine royale, il s’illustre pendant les combats navals  de la Belle Poule () puis de la Surveillante ().

    Alexandre-Amable de Roquefeuil est le fils de René-Aymar de Roquefeuil, chef d’escadre de marine, chevalier de l’ordre de Saint-Louis et de Françoise de Rémy [2].

    Il entre tôt dans la Marine royale et prend part aux combats avant même d’avoir atteint l’âge de 21 ans.

    Outre sa grande bravoure distinguée au combat, il est connu pour sa  liaison passionnée commencée en 1776 avec la princesse Bathilde d’Orléans, duchesse de Bourbon. Il est le père de la fille illégitime de la princesse, Adélaïde-Victoire, qui reste cachée près de sa mère. Adélaïde-Victoire se mariera et sera l’ancêtre de l’aviateur Georges Guynemer, héros des combats aériens de la Première Guerre mondiale[3].

    Carrière dans la Marine royale

    Combat de la Belle Poule

     

    Combat de la Belle Poule et de l’Arethusa (1778).

     

    Le , Alexandre se distingue lors du combat de la Belle Poule[4]. Sous les ordres du commandant de La Clocheterie, il engage la frégate britannique HMS Arethusa de 32 canons et la puissante flotte anglaise de la Manche qui était sous le commandement de l’amiral Keppel.

    La flotte française est alors composée de la frégate La Belle Poule (26 canons), de la corvette L’Hirondelle (16 canons de 6 livres) et du lougre Le Coureur (8 canons) [5].

    Durant les cinq heures de ce combat, 30 français sont tués et une centaine blessés, mais L’Arethusa perd un mât et doit s’échapper sous la protection de la flotte britannique.

    Cette bataille est la première entre les forces françaises et britanniques pendant la guerre d’indépendance des États-Unis [6]. Son retentissement à Versailles et à Paris est extraordinaire et ce combat est célébré comme une victoire éclatante. Il inspirera la mode et les femmes de la haute société porteront un temps une coiffure en forme de bateau, dite « à la Belle Poule » [7]. Pour son action lors de ce combat, Alexandre-Amable est fait chevalier de Saint-Louis [4] à l’âge de 21 ans ce qui est exceptionnel.

    Combat de la Surveillante

     

    Combat de La Surveillante (1779).

     

    Le , la frégate La Surveillante (26 canons), commandée par le lieutenant de vaisseau du Couëdic de Kergoaler, et l’aviso (mâté en cutter) L’Expédition (10 canons), commandé par Alexandre-Amable, croisent au large d’Ouessant. Le , ils aperçoivent deux navires britanniques : la frégate HMS Québec et son aviso (lui aussi mâté en cutter) Le Rambler. Les deux formations engagent immédiatement le combat[8].

    Ce combat, extrêmement violent, dure près de trois heures et demie, causant des dégâts et des pertes considérables aux deux parties. Cet affrontement ne prend fin que lorsque le HMS Québec prend feu puis explose à côté de La Surveillante, elle-même entièrement démâtée. Le vicomte de Roquefeuil a rendu compte qu’il a engagé avec le cutter anglais, dans lequel il a eu trente hommes tués ou blessés. Aussitôt qu’il a vu la frégate exploser, il a fait cesser le feu, en accord avec le commandant du Rambler, pour porter secours aux naufragés. Dans l’obscurité de la nuit, il parvient à en sauver huit, dont sir Roberts, premier lieutenant de la frégate adverse[8]. L’aviso HMS Rambler qui avait été sérieusement endommagé par son combat avec L’Expédition finit par sombrer. Ce qui reste de l’équipage trouve également refuge sur L’Expédition.

    Le lendemain, Alexandre-Amable remorque la Surveillante, qui était trop endommagée pour être manœuvrée, jusqu’à Ouessant. Durant cette période et une fois revenus en France, les Anglais ne sont pas considérés comme prisonniers de guerre. Ils sont, au contraire, renvoyés en Angleterre après avoir été soignés. Le Roi Louis XVI le mande à Versailles pour l’informer des circonstances de cette bataille et de la mort héroïque du commandant du Couëdic de Kergoaler. Le roi récompense lui-même les nombreux marins rescapés[8].

    Le lors qu’il rejoignait son bord ancré en rade de Dunkerque, en chaloupe et par très grosse mer, Alexandre-Amable, alors lieutenant de vaisseau, chavire et meurt noyé  à l’âge de 28 ans.

    Références

    1. Michel Vergé-Franceschi, Les Officiers généraux de la Marine royale, 1715-1774 : origines, condition, services, tome , FeniXX, 1990, page 457. [archive]
    2. Henri Jougla de Morenas, Grand armorial de France,  (lire en ligne [archive])p. 58
    3. Emmanuel Maury, Le dernier des Condé, Tallandier, 384 p. (ISBN 979-10-210-2763-3lire en ligne [archive]).
    4. Biographie universelle, ancienne et moderne, Michaud frères,  (lire en ligne [archive]).
    5. Michel Vergé-Franceschi (sous la direction de), Dictionnaire d’Histoire maritime, Bouquins, Robert Laffont, , « Belle Poule », t. 1, p. 195.
    6. (en) « The French Navy and the American War of Independence [archive] »,  (consulté le ).
    7. (en) « Hair and Hairdos of the 18th Century [archive] »,  (consulté le ).
    8. Arnaud Louis Charles Rose de Lostanges, Relation du combat de la frégate française la Surveillante, contre la frégate anglaise le Québec, Chez Firmin Didot, Imprimeur du Roi,  (lire en ligne [archive]).