
Alexandre-Amable de Roquefeuil, né le à Versailles et mort noyé le en rade de Dunkerque est un officier de marine français. Lieutenant de vaisseau de la Marine royale, il s’illustre pendant les combats navals de la Belle Poule () puis de la Surveillante ().
Alexandre-Amable de Roquefeuil est le fils de René-Aymar de Roquefeuil, chef d’escadre, chevalier de l’ordre de Saint-Louis et de Françoise de Rémy de Broves [2].
Carrière dans la Marine royale
Il entre tôt dans la Marine royale et prend part aux combats avant même d’avoir atteint l’âge de 21 ans.
Le , Alexandre se distingue lors du combat de la Belle Poule[4]. Ce jour là, le commandant de La Clocheterie qui commandait la frégate La Belle Poule dans une division de quatre vaisseaux français, engage le combat avec la frégate britannique HMS Arethusa de 32 canons arrivée en avant de la puissante flotte anglaise de la Manche qui était sous le commandement de l’amiral Keppel.
La division française est alors composée de la frégate La Belle Poule (26 canons), de la frégate Licorne (26 canons), de la corvette L’Hirondelle (16 canons de 6 livres) et du lougre Le Coureur (8 canons) [5].
Durant les cinq heures de ce combat, 30 français sont tués et une centaine blessés, mais L’Arethusa perd un mât et doit s’échapper sous la protection du reste de la flotte britannique.
Cette bataille est la première entre les forces françaises et britanniques lors de la guerre d’indépendance des États-Unis [6]. Son retentissement à Versailles et à Paris est extraordinaire et ce combat est célébré comme une victoire éclatante. Il inspirera la mode et les femmes de la haute société porteront un temps une coiffure en forme de bateau, dite « à la Belle Poule » [7]. Pour son action et sa bravoure lors de ce combat, Alexandre-Amable est fait chevalier de Saint-Louis [4] à l’âge de 21 ans ce qui était exceptionnel.
Combat de la Surveillante

Le , la frégate La Surveillante (26 canons), commandée par le lieutenant de vaisseau du Couëdic de Kergoaler, et l’aviso (mâté en Côtre ou « cutter »: petit bâtiment de guerre de forme effilée, léger et rapide, à un mât vertical dont la voile a une superficie importante. ) L’Expédition (10 canons), commandé par Alexandre-Amable, croisent au large d’Ouessant. Le , dans la soirée, ils aperçoivent deux navires britanniques : la frégate HMS Quebec et son aviso (lui aussi mâté en côtre ou « cutter ») Le HMS Rambler. Les deux formations de force identique engagent immédiatement le combat[8].
Ce combat, extrêmement violent, dure près de trois heures et demie, causant des dégâts et des pertes considérables aux deux parties. Cet affrontement ne prend fin que lorsque le HMS Québec prend feu puis explose à côté de La Surveillante, elle-même entièrement démâtée. Le chevalier de Roquefeuil a rendu compte qu’il a engagé le combat avec le cutter anglais, dans lequel il a eu trente hommes tués ou blessés. Aussitôt qu’il a vu la frégate HMS Quebec exploser, il a fait cesser le feu, en accord avec le commandant du Rambler qui était à portée de voix, pour porter secours aux naufragés. Dans l’obscurité de la nuit, il parvient à en sauver huit, dont sir Roberts, premier lieutenant de la frégate adverse[8]. L’aviso HMS Rambler qui avait été gravement endommagé par son combat avec L’Expédition finit par sombrer à l’aube. Ce qui reste de l’équipage trouve également refuge sur L’Expédition.
Le lendemain, Alexandre-Amable remorque la Surveillante, qui était trop endommagée pour être manœuvrée, jusqu’à Brest. Une fois sur le sol de France, les Anglais ne sont pas considérés comme prisonniers de guerre. Ils sont, au contraire, renvoyés en Angleterre après avoir été soignés (sir Roberts séjournera chez Alexandre). Le Roi Louis XVI mande Alexandre-Amable de Roquefeuil à Versailles pour l’informer en détail des circonstances de cette bataille et de la mort héroïque du commandant du Couëdic de Kergoaler. Le roi récompense lui-même les nombreux marins rescapés[8].
Six ans plus tard il commandait la frégate Céres. Le lors qu’il rejoignait son bord ancré en rade de Dunkerque, en chaloupe et par grosse mer, Alexandre-Amable, alors lieutenant de vaisseau, destiné au plus brillant avenir dans la Marine royale, chavire et meurt noyé à l’âge de 28 ans.
Outre sa grande bravoure distinguée au combat, il est connu pour sa liaison passionnée commencée en 1776 avec la princesse Bathilde d’Orléans, duchesse de Bourbon dont son père, René-Aymar, avait été nommé chevalier d’honneur et écuyer. Il est le père de la fille illégitime de la princesse, Adélaïde-Victoire, qui reste cachée près de sa mère. Adélaïde-Victoire (déclarée à sa naissance sous le nom d’Adélaïde-Victoire Damassy) se mariera, aura une descendance notamment dans les familles Gros et Doynel de La Sausserie et sera une des ancêtres de l’aviateur Georges Guynemer, héros des combats aériens de la Première Guerre mondiale[3].


Références
- Michel Vergé-Franceschi, Les Officiers généraux de la Marine royale, 1715-1774 : origines, condition, services, tome , FeniXX, 1990, page 457. [archive]
- Henri Jougla de Morenas, Grand armorial de France, (lire en ligne [archive]), p. 58
- Emmanuel Maury, Le dernier des Condé, Tallandier, , 384 p. (ISBN 979-10-210-2763-3, lire en ligne [archive]).
- Biographie universelle, ancienne et moderne, Michaud frères, (lire en ligne [archive]). (https://books.google.fr/books?id=MoxUAAAAYAAJ&printsec=frontcover&vq=roquefeuil&hl=fr )
- Michel Vergé-Franceschi (sous la direction de), Dictionnaire d’Histoire maritime, Bouquins, Robert Laffont, , « Belle Poule », t. 1, p. 195.
- (en) « The French Navy and the American War of Independence [archive] », (consulté le ).
- (en) « Hair and Hairdos of the 18th Century [archive] », (consulté le ).
- Arnaud Louis Charles Rose de Lostanges, Relation du combat de la frégate française la Surveillante, contre la frégate anglaise le Québec, Chez Firmin Didot, Imprimeur du Roi, (lire en ligne [archive]).








































