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Histoire succincte de la Maison de Roquefeuil

Au XVIème siècle, Blaise de Montluc accroîtra les fortifications de son château d’Estillac etc. Il faudra attendre Richelieu pour que les seigneurs renoncent de force à fortifier certaines de leur demeures et soient obligés de démanteler leurs forteresses.

Les dernières années de Bérenger furent difficiles et tristes, occupées à achever son castel dont les terres rapportaient peu, lutter contre les consuls, préparer les fameuses substitutions destinées à préserver la fortune terrienne selon le droit de l’époque, assurer des fondations hospitalières, payer des rentes à ses six soeurs.

Il se prépare à la mort, qu’il veut simple et dépouillée, et en 1530, âgé de 82 ans, il meurt, ayant demandé que 120 prêtres de bonne renommée viennent prier sur sa tombe.

Toutefois, les enfants de Bérenger n’y habiteront guère. Le Moyen-âge s’achève, la Renaissance est déjà là. En Italie, les seigneurs ont découvert un autre mode de vie, des châteaux plus confortables, une vie plus large.

Ces tristes forteresses ne les séduisent plus, ils seront beaucoup plus attirés par les campagnes militaires dans des contrées plus riches ; ainsi Bérenger voit ses enfants s’éloigner. Charles, son fils aîné, né en 1478, fit un apprentissage militaire sérieux et accompagna Louis XII dans ses glorieuses campagnes d’Italie (Milan, Naples avec le Pape contre Venise).

Sous le règne de François ler, il repart en Italie, mais ces campagnes sont dispendieuses pour les seigneurs. Elles ébranlent ses finances comme la prodigalité de sa femme. L’héritage de Bérenger commence à subir des brèches.

Les enfants de Charles, petits-fils de Bérenger, désertent eux aussi Bonaguil, et sont toujours aussi attirés par la vie militaire.

Avec Henri II, on les retrouve en Alsace, en Flandre et à Metz, où fut tué héroïquement Jean-Antoine de Roquefeuil, combattant Charles Quint et dont le fait d’armes fut rapporté par les chroniques du temps.

Dans les années 1580, un autre sujet de préoccupation apparaît, qui divise les esprits, les familles. Ce sont les guerres de religion, qui, dans ces contrées de l’Agenais, furent violentes. Nous verrons ainsi deux arrière-petits-fils de Bérenger : Antoine III dans le camp catholique, et son frère, au service d’Henri de Navarre. Le château de Flaugnac, où réside Antoine III, est rasé par les huguenots.

Lorsque Henri IV monte sur le trône de France, Jean Hector, le calviniste, emploie tous ses talents pour rallier les populations au Roi. Sous son influence, l’Assemblée des Etats Provinciaux réunis, chez lui, à Castelnau-Montratier, prit la résolution de seconder le Roi et de mettre fin à la guerre civile.

Un récit savoureux retrace la rencontre en 1590 entre le sieur de Vivant protestant et Honorat de Roquefeuil, fils d’Antoine II, près du château de Gavaudun. Ce dernier, blessé, fut conduit à Gavaudun où il expira, au grand regret de Vivant.

Il convient de signaler également la sainte mort de son neveu Jean-Antoine de Roquefeuil, en 1621. Blessé au siège de La Rochelle d’un coup de mousquet à la cuisse, il se fit transporter au château de Labarthe. Comme il avait toujours été d’une grande piété et qu’il avait renoncé à se faire religieux franciscain en raison de l’opposition de son père, il demanda avant de mourir de revêtir l’habit de cet ordre. Il expira peu après avoir reçu cette consolation.

Son frère, Antoine-Alexandre, fils d’Antoine III, chevalier de l’Ordre de Saint-Michel, allait être le dernier représentant de la branche aînée. C’est en sa faveur que Louis XIII restitua en 1618, aux Roquefeuil, la titulature de marquis qu’avaient portée leurs ancêtres Anduze.

Après un duel avec son beau-frère, il fut condamné à mort, le 3 juillet 1632, par la cour de Toulouse et gracié in extremis par Louis XIII pour sa conduite passée. A cette occasion, Louis XIII aurait dit :

« Si l’honneur se perdait, chez Roquefeuil se trouverait ».

Il avait levé le régiment Roquefeuil qui fut cité pour sa conduite le 9 juillet 1636 à la bataille de Buffarola.

Antoine-Alexandre meurt en 1639, ne laissant que des filles dont l’une fut remarquable : Marie-Gilberte de Roquefeuil.

Née en 1626, mariée à 13 ans à Gaspard de Coligny, marquis de Saligny, son mari, pris dans les combats de la Fronde, fut tué en 1649. Marie-Gilberte passa une partie de sa vie à revendiquer les terres qui faisaient partie de la succession de ses ancêtres et qui étaient encore importantes bien qu’elles eussent été très effritées par la descendance de Bérenger. Femme forte, elle dut tenir tête à son cousin le baron de Saint-Jean qui pilla Flaugnac, et saccagea Bonaguil, à l’évêque de Cahors, et aux consuls de Castelnau.

Elle épousa en secondes noces Charles de Tourzel, marquis d’Alègre. Ils eurent une fille : Marie-Marguerite, qui épousa Jean-Baptiste Colbert, Marquis de Seignelay, ministre de Louis XIV.

Elle mourut sans postérité mâle. Le marquisat de Roquefeuil passera à ses descendants du premier lit, puis sera vendu au fermier général Faventines.

Nous avons précédemment parlé du baron de Saint-Jean, il convient de revenir sur sa personne. C’était le fils de François de Roquefeuil, lui-même fils d’Antoine II, et seigneur de Blanquefort depuis 1604.

Il fut perpétuellement en litige avec ses cousins au sujet de l’héritage de son père, et surtout de celui de la dot de sa mère, Philippe (c’était un prénom féminin) de la Tour d’Auvergne-Turenne, car son père était d’un second lit.

Son fils, François Alexandre de Roquefeuil, transigea définitivement en 1719 avec le marquis de Langeac, petit-fils de Marie-Gilberte, et il reçut définitivement Blanquefort et Bonaguil. Il mourut peu après en 1720, laissant Blanquefort et Bonaguil, à un de ses cousins, le marquis de Beaucaire, qui ne descendait pas des Roquefeuil, et c’est ainsi que Blanquefort et Bonaguil quittèrent la famille. C’est avec lui que s’éteignit réellement la branche aînée.

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