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Histoire succincte de la Maison de Roquefeuil

 

Les Roquefeuil-Blanquefort

Mais, revenons maintenant aux descendants de Jean de Blanquefort et de Catherine de Roquefeuil.

C’est l’apogée de la maison de Roquefeuil avec un ensemble de domaines allant des Cévennes à la Méditerranée, du Gard à la Dordogne, mais ces biens étaient, malgré tout, grevés de lourdes charges.

Pendant cette période, comme les derniers Roquefeuil-Anduze, les Roquefeuil-Blanquefort furent très liés à leur cousins et suzerains Armagnac, qu’ils suivirent dans la lutte contre les Anglais mais aussi dans la révolte du Bien Public et dans leur soutien, pendant le Grand Schisme d’Occident à l’antipape Benoît XIII. Ce soutien explique sans doute pourquoi ils n’eurent aucune grande charge ecclésiastique, depuis cette époque.

Jean Ier de Roquefeuil-Blanquefort entreprit l’agrandissement de Bonaguil en 1445. Ce n’était alors qu’un petit poste établi aux frontières du Quercy depuis 1271.

Mais c’est son fils Bérenger qui en fit le château actuel.

Troisième fils des neuf enfants de Jean Ier, Bérenger est né en 1448, de chétive constitution. Peut-être est-ce pour compenser son aspect malingre qu’il eut un caractère très difficile et des colères célèbres 500 ans après, les paysans disent encore quand le tonnerre roule sur le Causse « Brengo trouno », Brengo tonne.

Élevé au château de Flaugnac, il épousa à la cour du Roi à Amboise en 1477, Anne du Tournel. Elle était la soeur du vicomte d’Uzès et la fille de Louise de Crussol, la Gouvernante du Dauphin. Son père appartenait à la puissante maison de Châteauneuf-Randon et siégeait aux Etats du Gévaudan et du Languedoc.

En 1483, Bérenger fait hommage au Roi Charles VII pour toutes ses terres.

Quand a-t-il décidé de construire Bonaguil alors qu’il résidait à Flaugnac? La question est débattue.

On parle de 1477, mais il semble que ce fut plus tard. En tout cas, ce ne fut qu’après 1515 que les actes d’hommages furent passés à Blanquefort d’abord et à Bonaguil ensuite.

Bérenger est un homme du Moyen Age dont l’enfance a été marquée par les déprédations commises par les Anglais – les famines qui avaient décimé le Quercy, la pauvreté des campagnes à la suite des pillages des « Pastoureaux », bandits de grands chemins – en même temps qu’il avait conscience de la grandeur et des droits de la noblesse féodale.

Ses démêlés avec les consuls de Castelnau dureront des années. Pour se venger des vexations subies, il écrira dans la charte de fondation de Bonaguil :

« Par Messire Jésus et tous les Saints de son glorieux Paradis, j’élèverai un castel que ni mes vilains sujets ne pourront prendre, ni les anglais, s’ils ont l’audace d’y venir, voire même les plus puissants soldats du Roi de France ». Mais l’authenticité de ce texte est douteuse.

Bérenger s’installa à Blanquefort pour surveiller les travaux, il transformera par la suite Blanquefort en hôpital.

Bérenger, qui resta toujours en relation avec la Cour, consacra son intelligence et sa fortune à réaliser ce qui fut toujours considéré comme un chef d’oeuvre de l’art militaire adapté à la science nouvelle de l’artillerie.

C’est ce qui explique sans doute que les troupes protestantes n’osèrent pas s’y attaquer un siècle plus tard.

En effet, il faut savoir que Bonaguil servit de base arrière lors des combats entre les Roquefeuil catholiques, et le capitaine protestant Vivant, comme nous le verrons.

Bonaguil ne fut donc pas un chef-d’oeuvre inutile et dépassé, comme certains ont voulu le faire croire.

Il était d’ailleurs tout à fait normal, de construire des châteaux forts à son époque, même si l’on bâtissait en même temps des châteaux d’agrément.

Par exemple, à la même époque en Périgord, François de Caumont renforcera considérablement les défenses de son château fort de Castelnaud, tout en faisant construire celui des Milandes.

 

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