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Histoire succincte de la Maison de Roquefeuil

Mais revenons à la branche légitime.

Raymond II de Roquefeuil hérita des biens de son père Arnaud Ier et mit fin au conflit qui l’opposait au comte de Rodez en transigeant en 1270. Tout en conservant le titre de comtor, il prêta hommage au comte de Rodez, parce qu’il était également baron de Roquefeuil, pour ses terres situées en Rouergue uniquement. En effet, il était vassal direct du Roi pour ses fiefs situés en Languedoc.

Les archives de la Couronne d’Aragon témoignent qu’il participa en 1256 et 1257 à la reconquête de l’Espagne.

Une lettre de change de décembre 1252 rapporte qu’il emprunta 70 livres Tournois devant Jaffa. Certes, cette lettre de change appartient à la Collection Courtois de La Bibliothèque Nationale, dont de nombreuses pièces ne sont pas authentiques. Nous avons toutefois la preuve de la présence de Raymond en Terre Sainte grâce à une lettre d’Alphonse de Poitiers de 1267, où nous trouvons le passage suivant lipro …. nobilis Raimundi de Rocafolio … pro succursu Terre sancte…… Son fils aîné Arnaud II, se fit, comme nous l’avons dit, moine, laissant ses biens à son frère Raymond IV. Celui-ci fut élu député de la noblesse aux premiers États Généraux de la Langue d’Oc en 1303, qui eurent à traiter des différents entre Philippe le Bel et le pape Boniface VIII. En 1317, il représenta la noblesse du Rouergue aux États Généraux du royaume.

Il fut convoqué avec son fils, le futur Arnaud III, à venir combattre en Flandre en 1319.

Ce fut là les premières armes d’Arnaud III qui joua un très grand rôle pendant la guerre de Cent Ans, qui éclata en 1337.

Les Anglais occupant encore une partie de la France, nous voyons Arnaud III de Roquefeuil, puis Arnaud IV, faire des campagnes contre eux, en Agenais et en Rouergue, avec Philippe VI de Valois, puis avec son successeur et héritier Jean II, dit Le Bon.

C’est à cette époque qu’Arnaud III déclara personnellement la guerre au Roi de Majorque, Jacques II d’Aragon, qui détenait du Roi d’Aragon une partie du littoral méditerranéen.

Un de ses fils, Bernard, avait été confié à Jacques II pour apprendre le métier des armes. Lors d’un dîner d’apparat en 1343, le jeune Bernard renversa une coupe sur l’habit de satin blanc de Jacques II. Celui-ci repoussa son petit échanson avec la main armée d’un couteau si malencontreusement, qu’il blessa le jeune Bernard qui en mourut.

Arnaud, voulant venger le meurtre de son fils, tenta de s’allier au Roi d’Aragon qui attaquait Jacques II. Le Roi d’Aragon ayant refusé, Arnaud réunit une forte troupe et déclara la guerre au roi de Majorque qu’il attaqua et battit aux environs de Montpellier. Arnaud songea même à équiper une flotte pour porter la guerre sur le territoire même de Majorque. Avec son cousin le comte d’Armagnac, il pouvait mettre en ligne de 700 à 1000 cavaliers avec leurs valets et 3 000 hommes de pieds. Le Pape Clément VI arbitra ce conflit. Jacques II fut condamné à faire pénitence publique et à abandonner à Arnaud un certain nombre de baronnies. Philippe VI, qui était le suzerain de Jacques II et qui était en train de racheter Montpellier, sur lequel Arnaud avait des droits en vertu de la substitution de Marie de Montpellier, fit opposition. Désabusé, Arnaud aurait dit  » L’honneur me reste, il suffit « , qui devint la devise de sa maison.

Arnaud recueillit finalement la baronnie du Pouget avec ses dépendances Vendémian, le Puget, Saint-Bauzille, etc.

Arnaud III aurait été fait prisonnier à Poitiers, en 1356, comme le Roi. Le traité de Brétigny mit fin à leur captivité, mais fut une catastrophe : le Roi dû rendre aux anglais de nombreuses provinces. Celles-ci tombèrent dans un état de misère aggravée par les épidémies, comme la peste noire, qui ravagèrent tout le midi de la France.

Selon les annales de la Maison d’Aragon, il fut un des principaux conseillers du Roi de France avec Louis d’Espagne, prince des Iles-Fortunées, et comte de Talmon, Charles, comte d’Alençon, les ducs de Bourbon et de Bourgogne et le comte d’Armagnac.

En 1352, Arnaud et Jean de Lévis, ambassadeurs du Roi de France auprès du roi d’Aragon, lui firent reconnaître l’acquisition de Montpellier.

En 1361 il devint « capitaine de la ville de Montpellier » chargé de sa défense face aux attaques des routiers.

C’est d’ailleurs en défendant cette ville qu’il aurait été tué ainsi que son fils aîné Jean, qui lui aussi était promis à une brillante carrière, car il était le conseiller du Roi pour le Languedoc.

Ses contemporains le jugèrent « un des principaux chevaliers de France ».

La puissance de la maison de Roquefeuil augmenta par le mariage d’Arnaud IV, fils d’Arnaud III, avec Hélène de la très puissante seigneurie des Castelnau-Montratier, donnant séance aux États du Quercy.

Arnaud IV joua un rôle important dans la défense de la ville de Millau et la reconquête du Pays Vabrais, ainsi que le rapporte les archives de Millau. Il combattit également en Agenais.

Il fut le dernier seigneur de Roquefeuil de la seconde maison.

Sa fille Catherine épousa en 1380 un seigneur de l’Agenais, Jean de Blanquefort et de Pujols.

Avant de parler de cette famille signalons qu’il semble maintenant bien établi que vers 1378, Guillaume de Roquefeuil, abbé de Saint-Guilhem-le-Désert, fut créé cardinal par le pape de Rome.

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